« L’interactivité s’impose comme la destination naturelle de vingt ans d’évolution : travailler la matière virtuelle, sur les traces des artisans joailliers créateurs d’émotions. »
Jean-Stéphane Beetschen, Superviseur Lighting & Rendu.
En imagerie 3D, le temps réel a servi plusieurs disciplines. Le jeu vidéo, la fabrication d’images précalculées et l’interactivité, aux possibilités artistiques toujours plus grandes, atteignent enfin une qualité que j’attends depuis vingt ans.
La vraie révolution, c’est l’héritage technique du jeu vidéo qui permet de nouvelles expériences émotionnelles et sensibles. Toucher, tourner et configurer son objet virtuel au lieu de le voir en film.
C’est ce que nous construisons chez Lore & Lumière : des jumeaux numériques interactifs de joaillerie, horlogerie ou industrie de pointe, fidèles jusqu’à leurs micro-imperfections, que l’on manipule comme l’objet réel.

01
Attendre des images

« J’ai passé la première moitié de ma carrière à attendre des images. »
Jean-Stéphane Beetschen, Superviseur Lighting & Rendu.
Le précalculé, c’est un métier de la file d’attente. On éclaire à l’aveugle, on lance la ferme, on découvre le résultat le lendemain, on corrige, on relance. Le talent consiste en grande partie à anticiper ce qu’on ne voit pas encore. C’est une école exigeante, et je ne la renie pas : elle m’a appris à lire une image avant qu’elle n’existe.
02
La bascule

Puis le temps réel est arrivé à maturité, progressivement, non pas comme une promesse marketing mais comme un changement de rapport au travail. L’environnement de travail des moteurs de jeu vidéo est devenu davantage « user friendly », avec notamment l’arrivée de Unity et, surtout, d’Unreal Engine.

On déplace une source dans l’espace virtuel et le reflet sur le boîtier de la montre suit, comme dans un studio photo. On modifie un matériau, le rendu est là. La boucle qui prenait une nuit prend une seconde.
Mais réduire cette bascule à un gain de vitesse serait passer à côté de l’essentiel. Une image qui se calcule en un soixantième de seconde n’est plus seulement une image plus rapide : c’est une image qui peut répondre. Au geste de l’artiste d’abord, puis à celui du spectateur..

03
Ce que l’interactivité change

Aujourd’hui, la question « précalculé ou temps réel ? » est plus que jamais d’actualité. Pour un plan destiné à être regardé, le précalculé garde l’avantage sur la qualité ultime au pixel près. Cependant, le temps réel comble cet écart d’année en année. Le vrai clivage est désormais ailleurs : entre l’image que l’on regarde et l’objet avec lequel on interagit.
Aujourd’hui, la question « précalculé ou temps réel ? » est plus que jamais d’actualité. Pour un plan destiné à être regardé, le précalculé garde l’avantage sur la qualité ultime au pixel près. Cependant, le temps réel comble cet écart d’année en année. Le vrai clivage est désormais ailleurs : entre l’image que l’on regarde et l’objet avec lequel on interagit.
Un film, aussi beau soit-il, impose son point de vue, son cadrage, sa durée. Un jumeau numérique interactif, lui, rend la main à celui qui regarde : tourner la pièce, s’approcher du sertissage, changer la teinte d’or, passer la lumière du jour au soir. Changer d’environnement. Faire flotter l’objet dans l’espace ou dans une forêt dense. Ce que le luxe vendait par l’image, il peut désormais le faire éprouver par le geste, décidé par l’utilisateur. Et cela, aucune ferme de rendu ne peut le précalculer : l’interactivité exige le temps réel, par définition.
Cela change aussi la production elle-même. Une maison de joaillerie ne cherche pas un rendu, elle cherche une décision. Quelle teinte d’or, quel angle, quelle lumière, quelle variante de sertissage. En précalculé, chaque hypothèse coûte un cycle de production : on en explore trois, on choisit la moins mauvaise. En interactif, on en explore trente en séance, avec le directeur artistique dans la pièce. Et demain, c’est le client final qui explore lui-même.
04
Travailler la matière

En poussant ce raisonnement, chez Lore & Lumière, nos jumeaux numériques interactifs de joaillerie, haute horlogerie ou industrie de pointe sont enrichis de micro-imperfections autrefois réservées au précalculé (films publicitaires), rendues possibles aujourd’hui en temps réel, invisibles en apparence mais fidèles à l’objet réel, qui restituent, autant que l’interface le permet, l’émotion que procure l’original. Car un objet que l’on manipule ne pardonne rien : contrairement au film, où l’on ne montre que ses meilleurs angles, l’interactivité expose la pièce sous tous les regards possibles. La fidélité n’y est plus un choix esthétique, c’est une condition.
